Récits

Embrun 2009
Natation :3.8 km Vélo :185 km Courseà pieds : 42 km 195

Un mythe, un pari fou, un rêve ?…. Un mélange de tout cela !
Un mythe avant tout
Toute la ville et la région se focalisent sur cet événement sportif et on ne parle que de cela. Installé au camping municipal de la Clapière depuis le mardi 11 Août, j’ai assisté à la montée en puissance de cet évènement. Le camping est directement placé sur le plan d’eau (site du triathlon). Sur la plage on ne croise que des athlètes et c’est plutôt impressionnant de voir tous ces hommes au profil de triathlète qui ne trompe pas (les femmes sont un peu plus discrètes de par leur petit nombre). Dès 6 h 00 du matin (et oui promenade matinale du chien) on croise des nageurs, des coureurs et des
cyclistes. Une véritable fourmilière en ébullition jusqu’à la tombée de la nuit. Beaucoup de sportifs, de matériel et personnellement je me demandais ce que je faisais au milieu de tout cela. Pour ne pas trop dénoter, j’ai fais comme les autres le mercredi 12. Footing matinal de 8 km suivi d’une petite heure de nage dans le plan d’eau (on ne nage pas directement dans le lac de Serre onçon, mais dans un plan d’eau aménagé où la température est plutôt agréable) puis enchaînement avec la première partie du circuit vélo (une boucle de 43 km qui part d’Embrun et qui revient à Embrun). Première constatation : ça monte pendant 1 h 00 en plein soleil et c’est dur. La route n’est pas en super état mais j’ai tout de même de bonnes sensations bien que je garde un rythme plutôt pèpère. Retour à la caravane à 11 h 45 pour l’apéro ! Puis activité plage une bonne partie de l’après midi en
famille.
Jeudi 13, petite randonnée en famille en montagne. Grosse crainte ! Je n’ai pas d’énergie et j’ai bien du mal à suivre. La chaleur, la fatigue, mon entraînement de la veille ? Retour l’après midi à la plage ou je retrouve Hervé qui vient d’arriver.
Pendant ces quelques jours, sous un soleil de plomb, tout le site est préparé par l’organisation (barrières, marquage au sol, parc à vélo, stand de vente, véhicules publicitaires ….) c’est vraiment très impressionnant !
Hervé loge à quelques kilomètres de là et on se donne rendez vous au lendemain pour déposer les vélos. Vendredi 14, plus aucun sportif en activité. Chacun prépare son matériel et attend le temps venu pour
déposer son vélo et assister au briefing sur grand écran en plein air.
Inspiré par Tonton Thierry je me suis fait un plan stratégique pour la partie vélo côté ravitaillement (un
simple petit morceau de carton où j’ai inscrit en fonction du profil du terrain et du kilométrage les gels, coups de fouets, barres énergétiques et autres que je devais prendre) puis j’ai minutieusement placé les différents produits sur le vélo comme prévu. En milieu d’après midi, c’est l’entrée dans le parc à vélo où chacun retrouve son emplacement (chaise, caisse pour mettre tout le matériel, une gourde « offerte » par l’organisation…). Hervé et moi déposons nos vélos (qui sont retenus par la selle, guidon en bas sur des barrières de sécurité !). Ensuite sur les coups de 17 h 15 c’est le briefing en plein soleil où chaque partie est présentée et commentée par les responsables respectifs. Et maintenant, il n’y a plus qu’à attendre le lendemain, le jour J, le day D, l’épreuve mythique.
Embrunman 2009 1 / 5Un pari fou Samedi matin, levé 4 h 00. Dans le camping, on voit des lampes frontales un peut partout et on sent bien qu’il se trame quelque chose. Après avoir mangé 1/2 gâteau sport je vais au parc à vélo pour 5 h 00 histoire d’organiser mon petit coin. Je retrouve Hervé qui me demande ce que l’on fait là ! Chacun organise ses 2 transitions. On dépose le ravitaillement perso prévu pour l’Isoard (ravitaillement perdu s’il n’est pas pris …).
Côté organisation personnelle, je pars nager en combi. Je pense m’équiper en tenue de cycliste après
(cuissard, veste et manchettes) et à la dernière transition je passe la Trifonction (j’ai choisi la noire car je suis mieux dedans et psychologiquement c’est important !) 5 h 35 : les roues du vélo sont gonflées, mon petit coin est organisé, je passe la combi. 5 h 40 : je teste l’étanchéité des lunettes dans l’eau. Il fait noir, on ne voit pas grand-chose. L’eau n’est pas froide (22, 3°C). Le bonnet est en place, les lunettes aussi, Hervé et à coté de moi et on attend le départ des filles à 5 h 50. 5 h 50 : départ des filles (une petite trentaine je pense) qui se lancent vers la première bouée. Un gyrophare rouge (placé sur un kayak) permet de la repérer. C’est parti dans une bonne ambiance sous un nuage de flash d’appareils photos. Ème ligne). 5 h 55 : j’ai perdu Hervé de vue et je me suis placé aux avant postes (2 6 h 00 : c’est parti. Mon chrono perso est enclenché. C’est dur de mettre la machine en route. Il fait nuit, on reçoit quelques coups involontaires (et je pense que l’on en donne aussi). La première bouée (260m) est passée et elle fait office d’entonnoir entre elle et la berge alors on se sent un peut à l’étroit. La deuxième bouée (240 m) est passée et je commence à avoir des sensations. Cap sur la troisième qui est loin et il fait toujours nuit (560m). Là je commets une petite erreur. Au lieu de m’orienter vers le camion de pompier avec les gyrophares allumés sur la berge (comme indiqué au briefing) je m’oriente vers un gyrophare rouge placé sur un kayak et je lui cours après (façon de parler). Me sentant un peut seul, je sors la tête de l’eau et je vois que je suis complètement sur la gauche et bien loin du cap. Un coup de gouvernail et c’est reparti direction le camion de pompier. La troisième bouée est enfin passée et direction la quatrième et la cinquième (830 m) qui met du temps à venir. Le jour commence à poindre … Ensuite on repique sur la bouée N°1 puis la 2, la 3, la 4 et la 5 (boucle de 1830m). Il fait jour et on voi l’arche d’arrivée. La sortie de l’eau se passe bien. Un rapide coup d’œil sur mon chrono qui s’est arrête à 38 min ! Donc pas de repère concernant le temps. La transition est plutôt bonne et c’est parti pour le vélo (et je sais que ça monte …). Embrunman 2009
2 / 5Les jambes répondent bien et les sensations sont bonnes. Ma petite famille m’encourage dans la
première côte. Après 1 h de course, je passe la pancarte 170 km (c’est ce qui reste à faire !). Courage
à cœur vaillant rien d’impossible….
J’ai dépassé quelques coureurs sur cette première ascension mais j’ai également été laissé sur place
ème place en haut). Cela dit, je ne force pas vraiment et
par d’autres (on m’indique que je suis à la 133 je me préserve. J’ai eu quelques échanges avec des cyclistes qui avaient déjà fait Embrun et tous m’ont conseillé de ne pas forcer car lors de l’épreuve vélo on laisse beaucoup d’énergie et au marathon il n’y a plus rien ! Ma sagesse habituelle prend le dessus et les kilomètres défilent avec de superbes panoramas. Quelques passages difficiles avec le vent de face où l’on ne se sent pas avancer. Je suis mon programme d’alimentation et d’hydratation à la lettre. Le col de l’Isoard pointe le bout de son nez et quand on est en bas, que l’on voit tous ces cyclistes, ces virages, ces spectateurs on pense rêver et on oubli même la forte chaleur. L’ascension se passe plutôt bien (38 x 27). La vue est magnifique sur la vallée et dans le dernier virage, on peut voir cette longue chenille de cycliste tout en bas. La foule est bien présente et l’ambiance assez sympa.
Isoard
Vigneaux
Pallon